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Paris et ses églises : du Grand Siècle aux Lumières

La Sauvegarde de l’Art Français a contribué à la publication d’un livre exceptionnel : Paris et ses églises : du Grand Siècle aux Lumières qui a bénéficié du prix Marquise de Maillé 2016.

  • 400 pages
  • Relié sous jaquette
  • 400 illustrations en couleurs
  • Parution : novembre 2016
  • Prix : 59 euros
  • ISBN : 978-2-7084-0979-8
  • Collection « Églises de Paris », dirigée par Mathieu Lours (Mathieu Lours est professeur d’histoire des arts en classes préparatoires et enseignant en histoire de l’architecture à l’université de Cergy-Pontoise. Il est spécialiste de l’architecture religieuse, tout particulièrement à l’époque moderne)

Ce qu’en dit l’éditeur

Les éditions Picard partent du constat que le patrimoine religieux parisien, d’une très grande richesse, est en cours de dégradation, situation aggravée par un manque de connaissances général quant aux questions de liturgie et d’histoire religieuse permettant une compréhension fine de ces édifices. Le projet éditorial « Paris et ses églises » a pour objectif d’apporter au public des ouvrages sérieux et complets sur ce patrimoine. Il comprendra quatre volumes illustrés de photographies originales et de documents historiques, d’environ 350 pages chacun, accompagnés de textes introductifs et de notices détaillées, édifice par édifice.

Ces volumes seront répartis en quatre périodes chronologiques : le Moyen-Age, l’époque moderne (XVII-XVIIIème siècles), le XIXème siècle, les XXè et XXIème siècles.

Ces quatre volumes, couvrant l’ensemble des églises parisiennes (plutôt qu’un traitement par arrondissement), permettront de rendre compte de la manière dont ces édifices disent comment foi, histoire et société se croisent à l’échelle de la cité.

L’avant propos d’Olivier de Rohan

« Il y a tant de beautés qui s’offrent à l’admiration des Parisiens qu’avec l’habitude ils en viennent trop souvent à ne plus les remarquer. Ne serait-ce pas le cas pour leurs églises et les merveilles qu’elles renferment ? Pour son prestige, notre capitale a intérêt à mettre en valeur un tel patrimoine ; d’autant plus que ce bien commun ne survivra que s’il est connu et aimé.

Aujourd’hui, l’état de dégradation dans lequel se trouvent parmi les plus remarquables des églises de Paris est plus que préoccupant. En prendre soin est l’une des responsabilités de la municipalité et des pouvoirs publics, mais pour l’assumer ils ont besoin du soutien du plus grand nombre. Ces églises, qui ont jusqu’ici vaillamment résisté aux outrages des hommes et du temps, nécessitent aujourd’hui de lourds travaux de restauration, les structures même des édifices étant parfois gravement atteintes. Des infiltrations abîment irrémédiablement des fresques, de nombreuses peintures et sculptures ont perdu leur éclat sous des couches noires de suie, plusieurs grandes orgues attendent des soins….

C’est pourquoi la Sauvegarde de l’Art Français, association presque centenaire dont le nom dit la raison d’être, et la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris, qui mobilise toutes les bonnes volontés autour des églises de la capitale, ont accueilli avec enthousiasme le projet des Editions Picard et ses quatre volumes magnifiquement illustrés. Il ne manquera pas de renouveler l’intérêt pour le patrimoine religieux de notre capitale. Parmi les églises dont il est question dans ce premier volume, certaines ont déjà pu bénéficier du soutien de la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris, telle l’église Saint-Merry dont les baies ont pu être restaurées.

Nous souhaitons que cet ouvrage apporte à ses lecteurs le plaisir de retrouver de grandes œuvres d’art, qu’il les invite à visiter ou à revisiter les églises de Paris et – nous l’espérons – à s’intéresser à des projets de restaurations. C’est déjà ce que font les étudiants engagés aux côtés de la Sauvegarde de l’Art Français dans sa campagne « Le Plus Grand Musée de France » : ils partent à l’aventure pour découvrir des œuvres en danger et recherchent les moyens – y compris financiers – de sauver celles qu’ils ont adoptées. Beaucoup ont déjà pu l’être grâce à leur action

Quand ce sont les plus jeunes qui donnent l’exemple, il y a des raisons d’espérer ! »

En savoir plus :

Sommaire du Livre

Paris diary by Laure 

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Les fresques de Saint-Méard-de-Drône (Dordogne)

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo : Association Saint-Méard Patrimoine

Saint-Méard-de-Drône est une commune de moins de 500 habitants située en Dordogne. Elle compte parmi ses monuments une petite église romane remaniée à différentes reprises au cours de son histoire et inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 2000. Elle mesure 23 mètres sur 7 et atteint 12 mètres de hauteur. La Sauvegarde de l’Art Français lui a accordé 12 000 € pour des travaux de gros œuvre en 2015 (en savoir plus).  Deux années plus tôt, une campagne de restauration est menée, mettant à jour plus de 60m2 d’un ensemble de fresques exceptionnel unique en Périgord.

En 1999, une plaque d’enduit du badigeon XIX ème se détache de la voûte du transept et révèle un fragment de décor peint. Piquée de curiosité, la commune fait réaliser des sondages qui dévoilent alors l’existence d’un ensemble de fresques allant de 300 à 400m2 décorant l’intégralité de l’église : de la première travée jusqu’au chevet. En 2013 la restauration menée par Didier Legrand de l’Instituto Centrale per il Restauro de Rome découvre 60m2 de fresques (seuls l’abside et le chœur ont pour l’instant pu être restaurés) présentant un corpus exceptionnel de huit scènes :

Christ en Salvator Mundi entouré du tétramorphe (cul-de-four de l’abside) :

Le Christ paré d’un manteau écarlate bénit l’assemblée depuis son trône. Il est entouré du tétramorphe : les quatre évangélistes sous leur forme animale. Ils tiennent chacun un phylactère portant leurs noms.

Le Jugement Dernier (voûte de l’abside) :

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo: Association Saint-Méard Patrimoine

Cette grande scène se divise en trois parties. La première est consacrée d’un côté aux damnés et à l’enfer tandis que l’autre présente le paradis des élus. La pesée des âmes a lieu à la conjoncture de ces deux scènes. Du côté de l’enfer, un ange annonce avec son instrument de musique l’heure du Jugement Dernier. Un phylactère s’en déplie portant l’inscription   « Ite, maledicti, in ignem eternum» signifiant «Allez les maudits, dans le feu éternel ! ». Conformément à cette injonction, un démon ailé au corps de batracien entraine un homme vers les flammes de l’enfer en tenant un pied dans sa gueule. En dessous, le Léviathan à la gueule grande ouverte, engloutit les âmes que lui apportent d’autres démons dans une charrette.

A la conjoncture du bien et du mal se trouve la pesée des âmes menée par l’Archange saint Michel  cuirassé. D’une main il tient une croix et de l’autre la balance. Le démon, bien que terrassé, tente tout de même d’influencer le jugement de la balance en tirant vers lui la coupe tenant une âme.

Enfin, la dernière partie de ce grand Jugement Dernier est l’accueil des âmes des élus au paradis. Saint Pierre représenté jeune et sans barbe a les clefs en main et se tient devant la Jérusalem céleste. Il invite les bons catholiques ayant passé l’épreuve de la pesée à entrer à ses côtés. Les âmes sont représentées par des corps nus et dans le fond de la scène les morts ressuscitent et sortent progressivement de leurs tombes. Un phylactère est à nouveau représenté, celui-ci dit « Venite benedicti patris mei » : « Venez à moi les élus de mon Père ».

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

 

La Cène (registre inférieur sud de l’abside) :

Le dernier repas de Jésus est représenté ici. Il est attablé, entouré de ses disciples pour son dernier repas terrestre. Cette composition est très abimée mais l’attention portée aux détails reste visible comme avec Judas représenté debout tenant une bourse, fruit de sa trahison.

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo: Association Saint-Méard Patrimoine

L’entrée dans Jérusalem ou l’arbre de Zachée (registre inférieur nord du chœur) :

Cette fresque synthétise deux épisodes de la vie du Christ : l’entrée de Jésus dans Jérusalem, monté sur une ânesse et son petit le jour des rameaux¹. Un homme (presque effacé) au pied de la tour étale son vêtement à terre. Au-dessus de ce fidèle, un petit homme est monté dans un arbre afin de mieux voir le Christ. Il s’agit de Zachée, le publicain repenti².

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo: Association Saint-Méard Patrimoine

Saint Médard et sainte Radegonde  (registre inférieur nord de l’abside) :

Saint Médard³ serait représenté au premier plan tenant sa crosse d’évêque. Dans le fond, une femme s’avance tenant une couronne et un reliquaire. Il pourrait s’agir de sainte Radegonde, épouse du roi Clotaire, qui implora l’évêque de lui retirer sa charge de reine afin de la consacrer à la vie religieuse. Elle tend donc vers le saint sa couronne qu’elle ne veut plus assumer et tient dans l’autre main un reliquaire. Cette scène est également très lacérée ce qui nuit à sa compréhension globale.

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo: Association Saint-Méard Patrimoine

Le martyre de Saint Barthélémy (registre inférieur sud de l’abside) :

Saint Barthélémy est mort en martyr d’une cruelle manière : il a été écorché vivant. Un des personnages arrache la peau du bras du saint maintenu sur une table par ses bourreaux. Le personnage assis sur le sol prend même appui sur l’un des pieds de la table afin de mieux pouvoir tirer la peau. Cette scène a également été lacérée.

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo: Association Saint-Méard Patrimoine

Ce corpus de fresques est d’une grande clarté et permet aujourd’hui encore une excellente compréhension malgré les manques. Rappelons que les peintures murales étaient réalisées à la gloire de Dieu mais aussi dans une portée pédagogique pour les habitants du village¹¹. Pour faciliter l’intégration du message, les artisans ont su donner à leurs figures un très grand dynamisme et un soin du détail certain. Notons le choix stratégique du placement des scènes. Le message est évident : si les hommes ne se convertissent pas et mènent une vie de pécheur comme Zachée avant sa repentance, ils iront en enfer et, suivant cette logique, la scène située au-dessus est le Léviathan dévorant les âmes damnées.

Bien que les couleurs soient variées et éclatantes, la priorité à Saint-Méard a d’avantage été mise sur le trait. Les formes ont d’abord été tracées pour ensuite être remplies de couleurs. La fillette sortant de son tombeau dans la scène des élus au paradis en est un bon exemple.

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo : Association Saint-Méard Patrimoine

L’artiste l’a représentée de trois quart et a réussi grâce à une ligne habilement menée à lui donner une grande innocence teintée de la surprise d’être élue de Dieu. Ici, comme sur l’ensemble du bâtiment, la ligne prime certainement sur la couleur. Les figures sont toutes très gracieuses avec des gestuelles bien pensées et un mouvement propre que seule une ligne bien exécutée peut procurer. Malheureusement, aucun document ne parle de l’identité du fresquiste. La plupart des fresques de l’époque ayant disparues, il est difficile d’établir des comparaisons. Un foyer d’artisans était sûrement installé dans la région puisqu’autour de 1500 les chantiers se multiplient : les finances se rétablissent car la Guerre de Cent Ans (1337-1453)  est enfin finie, les fidèles s’animent d’une volonté iconophile et les églises sont couvertes de peintures murales.

 

Quelle datation pour ces fresques ?

Aucun document permettant de dater ces fresques n’a pu être trouvé, cependant en analysant bien les différentes scènes, plusieurs indices tendent vers le premier quart du XVIème siècle.

Les fresques sont forcément antérieures à 1562. Cette année-là, les églises du Périgord ont en effet été victimes de la fureur iconoclaste des protestants faisant suite au massacre de Wassy²² (1er mars 1562). Les Réformés considèrent toutes représentations du Nouveau Testament comme blasphématoires. Ils se sont donc efforcés de détruire ces scènes. Cela explique les dommages constatés sur la Cène, saint Médard et sainte Radegonde, le martyre de saint Barthélémy et L’entrée dans Jérusalem. Les protestants, armés de pioches et de fourches ont frappé les murs de toutes leurs forces pour détruire les images. N’y parvenant que partiellement, ils les ont ensuite enduites de chaux afin de les masquer. Les sillons parallèles creusés par les dents de la fourche et les trous des pioches sont facilement reconnaissables.

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

crédit photo : Association Saint-Méard Patrimoine

Dans leur volonté de détruire ils nous ont finalement permis de sauver ce patrimoine artistique. Effectivement, les fresques de cette époque sont réalisées avec des enduits naturels se conservant très mal. Il est important de savoir que la grande majorité des églises de cette période étaient couvertes de peintures murales ou de fresques³³, comme à Saint-Méard. Mais seules quelques trop rares exceptions sont parvenues jusqu’à nous aujourd’hui. Certaines ont disparu pour être remplacées par des ensembles plus modernes au goût du jour selon les époques mais la plupart se sont naturellement altérées jusqu’à disparaître à cause des dommages du temps. Si Saint-Méard les conserve, c’est grâce à la chaux enduite au XVIème siècle qui a non seulement protégé les fresques des siècles qui passent mais aussi protégé de la folie des hommes. Les restaurateurs ont judicieusement choisi de ne pas remédier à ces lacunes qui ont pourtant abimés les fresques. Elles sont en effet devenues une trace archéologique unique dans la région de ces destructions sauvages de 1562.

Procéder par analogie avec d’autres œuvres dont les origines sont plus certaines permet aussi de dater ces fresques en comparant par exemple le costume de l’homme de gauche provenant de Saint-Méard, avec ce personnage illustrant l’une des pages des Très riches heures du Duc de Berry, ouvrage réalisé entre 1410 et 1485 par les frères Limbourg puis un anonyme et enfin Jean Colombe.Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard Ils portent tous deux une chemise longue ainsi que des braies et sont coiffés d’une cale. Les très riches heures du Duc de Berry sont une commande princière. C’est à la cour et chez les aristocrates que la mode se créée. Le temps que la tendance se diffuse jusqu’à Saint-Méard-de-Drone, petit village d’Aquitaine, les années ont passé. Si ces deux personnages portent un costume pourtant contemporain, une cinquantaine d’années sépare sûrement ces deux dessins ce qui conforte donc l’hypothèse de datation.

 

 

Quel commanditaire pour ces fresques ?

Rappelons que Saint-Méard est et a toujours été une petite commune. Jamais l’église n’aurait pu autofinancer un tel chantier. Il faut donc chercher du côté des notables de la région. L’église et ses fresques nous donnent une information sur l’identité de ce généreux donateur : un blason (sur la colonne à côté de la Cène) presque entièrement effacé mais sur lequel on arrive tout de même à voir trois formes disposées en triangle, la pointe vers le bas. Plusieurs seigneurs se partagent les terres entourant Saint-Méard. Parmi eux, il y a les Mellet dont le blason est similaire.  « D’azur à trois ruches d’argent ». Ces trois ruches forment un triangle, pointe vers le bas, comme celui représenté à  Saint-Méard. Cette famille réside au château de Saint-Pardoux-de-Drône (actuel château de la Tuillière situé à 3,5km de Saint-Méard) et dépend donc du village portant le même nom. Pourquoi un seigneur de Saint-Pardoux n’a-t-il pas plutôt investi son argent dans sa paroisse ? D’après les archives, il a épousé en secondes noces Hélène de Patouil, Dame de Saint-Méard. Sachant que plusieurs seigneurs se disputent les terres, il est possible que Jean de Mellet dans une démonstration de force ait voulu décorer la paroisse de ses rivaux avec ses propres armoiries. Ou alors, et c’est un acte moins revanchard, Mellet a peut-être voulu faire plaisir à sa jeune et pieuse épouse en finançant le décor de son église natale. Le testament de Jean de Mellet a été rédigé en 1547, une commande au début du XVIème siècle pour ces fresques est donc probable.

Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-Méard

 

Quelle iconographie pour le reste des fresques ?

Seulement 60m2 ont été mis à jour, environ 300m2 sont toujours à restaurer dans la nef. A plusieurs endroits les chercheurs ont sondé les murs. Ils ont notamment relevé un personnage enveloppé dans un manteau rouge et tenant une grande croix. Il tend la main vers une silhouette visiblement nue  qui n’a pas encore été dégagée. En procédant à nouveau par analogie avec d’autres scènes de l’histoire de l’art, une identification de l’iconographie est possible. Il s’agit d’une descente aux limbes de Jésus Vendredi Saint, le jour de sa mort. Saint-Méard-de-Drône (24) - église Saint-MéardEntre le purgatoire, les enfers et le paradis, les limbes sont l’endroit ou restent bloquées les âmes depuis le temps du péché originel. Le Christ est venu les sauver et leur montrer le chemin du paradis. Voici quelques œuvres traitant le même sujet¹¹¹. Ces quatre représentations reprennent la même iconographie, le manteau rouge, la grande croix portée en étendard et surtout cette main du Christ tendue vers les âmes qu’il est venu délivrer.

 

 

 

La peinture murale de la fin du Moyen-Age ne s’attache pas à représenter des scènes isolées mais conçoit plutôt des cycles complets. Dans cette église, le thème serait un grand Jugement Dernier. Un nouveau chantier de restauration est prévu pour le printemps 2017.  Les fresques de la nef seront à leur tour dégagées et restaurées et continueront donc de nous délivrer peu à peu les mystères de Saint-Méard-de-Drône, à suivre…

Crédit texte : Pauline de Poncheville

 

Crédit photos: Association Saint-Méard Patrimoine

¹ (Mathieu XXI, 1-11)
² (Luc XIX, 1-10)
³ Saint Médard est né vers 456 en Picardie et devient evêque de Noyon en 530. C'est dans 
  cette ville qu'il accueille la reine sainte Radegonde et la consacre à Dieu dans des 
  voeux perpétuels. Bien qu'étant un saint du nord, il est très apprécié dans le sud-ouest
  et de nombreux villages le choisissent comme saint patron. Méard est une déformation
  linguistique de Médard provenant de la langue romane.
¹¹ La plus grande partie de la population française de la fin du Moyen-Age est illettrée. 
   Grâce aux peintures, L’église offre un catéchisme sur ses murs.
 ²² L’édit de janvier 1562 favorable aux protestants, promulgué sous l’influence de Michel
   de l’Hospital et de Théodore de Bèze, resté à la cour après le colloque de Poissy a
   profondément mécontenté le parti catholique. Ses représentants, dont la famille des Guise,
   ont été éloignés de Paris par Catherine de Médicis. Le 1er mars 1562, François de Guise,
   de retour à Paris depuis ses terres de Lorraine, s’arrête dans le petit village de Wassy,
   en Champagne, où, à quelques mètres de l’église romane, des fidèles sont rassemblés dans
   une grange pour y célébrer le culte réformé : or il était interdit dans l’enceinte des
   villes. Le duc de Guise trouve là prétexte à intervenir, et fait massacrer hommes, femmes
   et enfants. (source : musée virtuel du protestantisme)
³³ La technique de peinture murale utilisée à Saint-Méard est celle du mezzo-fresco. Les
   couleurs minérales, en suspension dans l'eau, sont posées sur un enduit encore frais 
   (d’où provient le terme fresco).L'enduit fait à partir de chaux mêlée à du sable subit
   une transformation chimique en séchant : les pigments colorés sont alors incorporés dans
   la fine pellicule qui se forme à la surface du mur, la peinture devient ainsi dure et
   résistante. Cette technique exige une grande rapidité d’exécution car les enduits sèchent
   vites. A saint Méard, une partie du décors a été réalisé sur de la chaux en cours de 
   séchage et donc de carbonatation. La peinture adhère moins bien. Le terme mezzo-fresco 
   définit donc une peinture réalisée en deux temps: d'abord sur un enduit frais (d’où vient 
   le terme fresco) puis quelques  heures après sur un enduit en cours de séchage.
¹¹¹ Dans l'ordre de lecture : Le Christ de Saint-Méard, la descente aux limbes peinte par 
   Vassil au XVI ème siècle et aujourd'hui conservée au musée des Beaux-Arts de Lille,
   la descente aux limbes de Bellini de 1455 et enfin, un détail de la Maesta de Duccio
   à Sienne.

Sources et bibliographie

  • BOURROUSSE DE LAFFORE, Nobiliaire de Guienne et de Gascogne, Paris : Dumoulin, 1856
  • COURCELLES (de), M, Dictionnaire universel de la Noblesse de France, Paris, Bureau général de la noblesse de France, 1822
  • CROUZET, Denis, Les Guerriers de Dieu, tome I, pp. 527 et suivantes, éd. Champ Vallon, 1990.
  • DIDIER LEGRAND ATELIER, étude préalable, 2013
  • FERET, Edouard, Annuaire du tout Sud-Ouest illustré : comprenant les grandes familles et les notabilités de Bordeaux et des départements de la Gironde, de la Charente-Inférieure, de la Charente, de la Dordogne, du Lot-et-Garonne, des Landes et des Basses-Pyrénées, Paris : Mulo, 1910
  • RIBEYROL, Claude, Saint Méard de Drone, du Moyen Age à la modernité
  • VIGIER DE LA PILE, François, Histoire de l’Angoumois, Paris JH Michon, 1846

 

  • Archive de Dordogne
  • Base de données Gallica
  • Base de données Guyenne
  • Base de données Persée
  • Base de données Société de l’Histoire du Protestantisme dans la Vallée de la Dordogne
  • Base de données Société Historique et Archéologique du Périgord
  • DRAC Dordogne
  •  Monuments Historiques
  • Musée virtuel du protestantisme
  • Site de généalogie et de reconnaissance de blason
  • Site de l’architecte du Patrimoine Virginie Lugol

 

 

 

Lettre ouverte aux Français et à leurs Élus sur le Patrimoine

La Sauvegarde de l'Art Français

 

Depuis plus d’un an, la Sauvegarde de l’Art Français ainsi que dix autres institutions liées au monde de la culture ont travaillé à la réalisation d’un ouvrage sur le patrimoine affirmant ainsi leur conviction  que ce dernier est une richesse pour la France.

Cette Lettre ouverte aux Français et à leurs Elus sur le Patrimoine est le fruit de l’expérience et de la réflexion partagée de ces institutions et présente 22 propositions pour ouvrir un débat citoyen national sur le Patrimoine dans ce contexte actuel d’élections.

Voir le communiqué de presse

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La conférence des évêques de France livre son état des lieux des églises

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Publié sur patrimoine.blog.pelerin.info

Alors qu’un groupe de travail sur les églises achève ses travaux, le département Art Sacré du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle de la CEF publie un état des lieux sur les églises en France.

Cet état des lieux présente notamment le nombre d’églises construites ou vendues depuis 1905. Il offre le panorama le plus à jour sur cette question.

La France compte 40 307 églises et chapelles de propriété communale et 1951 églises de propriété diocésaines. Cela représente un total de 42 258 églises et chapelles paroissiales en France. Il ressort des données collectées que 1886 églises ont été construites depuis 1905 par les diocèses depuis 1905 et la loi de séparation de l’Église et de l’État. Parmi elles on trouve l’église Notre-Dame de Royan (diocèse de La Rochelle) ou l’église Saint-François de Molitor (diocèse de Paris). Concernant les églises démolies puis reconstruites, 2190 l’ont été depuis 1905 (de propriété communale ou diocésaine). Cette enquête dénombre également 140 églises de propriété communale ayant été désaffectées depuis 1905. Enfin depuis 1905, 115 églises diocésaines ont été vendues.

La note propose aussi un point sur les règles concernant l’affectation ou la désaffection des églises.

Le groupe de travail, présidé par Mgr Jacques Habert, évêque du diocèse de Séez, conclura ses travaux par un colloque organisé le 10 mars au Collège des Bernardins.

Lire le communiqué

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Vade mecum pour une église en danger

Elisabeth d'Orsetti, correspondante Maine-et-Loire de la Sauvegarde de l'Art Français

Elisabeth d’Orsetti, correspondante Maine-et-Loire de la Sauvegarde de l’Art Français

Elisabeth d’Orsetti est correspondante de la Sauvegarde de l’Art Français en Maine-et-Loire depuis plus de 25 ans. En 1985-86, elle a participé à la création d’une association pour la restauration de la chapelle Notre-Dame de Montplacé, à Jarzé. Cette chapelle, ancien lieu de culte marial appartenait à une dame qui ne pouvait en assumer seule la restauration. L’association, avec l’aide de la DRAC (car la chapelle est classée au titre des Monuments Historiques) a pu mener à bien ce projet. Madame d’Orsetti est aussi membre de la Commission diocésaine d’art sacré, ce qui lui donne une bonne connaissance des besoins des églises de son département. Ce vade mecum, réalisé à la lumière de sa longue expérience, a pour but d’aider toute personne désirant la restauration ou la mise en valeur d’une église.

PRÉAMBULE

Depuis quelques années la Presse n’hésite pas à donner l’alerte sur des situations dramatiques d’églises en péril, que d’après elle, des communes n’hésitent pas à démolir tant elles deviennent dangereuses, trop onéreuses à restaurer, voire inutiles.

S’il est vrai que le patrimoine religieux en France a un fort besoin de restauration, il ne faut pas oublier que de nombreuses municipalités se soucient de les sauvegarder et que des financeurs publics comme privés se préoccupent de la question et bien souvent de façon positive et sans bruit.

La municipalité d’une ville ou d’un village se trouve, depuis la loi de 1905, propriétaire de l’église et donc chargée de son entretien.

Beaumont-Eglise Notre-Dame de Chabrillé

LES PROBLÈMES

Quels sont-ils ? Comment les affronter, les résoudre ?

– Le bâtiment est de grande taille
– La population locale est en diminution, en milieu rural notamment, mais cependant très attachée à son église.
– Les paroissiens qui la fréquentent sont moins nombreux.
– Le curé affectataire, chargé de plusieurs clochers, ne réside pas sur place.
– L’entretien de l’église n’a pas été régulièrement assuré.
– Les travaux à envisager sont élevés.
– Le budget de la commune est limité et souvent lourdement endetté.

 Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle cite les grands points rencontrés.

 LA PRISE DE CONSCIENCE, PAR QUI ?

 – Le premier concerné est le Maire et son Conseil Municipal , puisque la Commune est propriétaire de l’édifice.
– L’affectataire, c’est à dire « le locataire du lieu » en quelque sorte, est également hautement concerné en tant qu’usager.

– Le Diocèse, par l’intermédiaire des services mandatés par l’Évêque, est parmi les principaux informés d’une situation  grave.
– Les Paroissiens, les EAP responsables avec le Curé de la vitalité de la paroisse, sont aussi attentifs à l’état de leur l’église.

Beauvau (Maine-et-Loire) vue d'ensemble

Beauvau (Maine-et-Loire) vue d’ensemble

QUI DÉCIDE DE LA SOLUTION À TROUVER ?

Le Maire de la Commune propriétaire de l’église est l’autorité principale responsable avec son conseil Municipal.

Mais ce sentiment de propriété est partagé avec les habitants qui ont élu leurs édiles démocratiquement.

Le Maire ne peut donc prendre une décision seul avec son Conseil sans connaître les souhaits et appréhender les réactions d’une décision qui aura des répercussions importantes sur la vie des habitants, son passé.

 Le « déconstruction » nouveau terme, qui semble vouloir cacher le vrai mot démolition, ne se décide pas à la légère.

L’église n’est pas seulement un grand édifice destiné aux rassemblements, culte et culture s’y côtoient, elle a une histoire, une âme qui évoque les événements locaux depuis des siècles, le clocher sonne les heures et situe la Commune qui se repère sur les cartes, dans le paysage.

Tous s’y sentent attachés et impliqués lorsque son état menace, l’église est un patrimoine collectif commun aux chrétiens comme à ceux qui ne la fréquentent qu’épisodiquement.

Tout en restant lieu de culte, bien souvent elle est ouverte à des manifestations sociales et culturelles après avis favorable de l’affectataire.

Des situations conflictuelles naissent parfois lorsque rapidement, au départ la concertation n’a pas eu lieu entre édiles et habitants.

QUELQUES PRINCIPES DE BASE À RESPECTER

On ne saurait trop insister sur l’importance de la concertation. Tout sujet sensible doit être examiné avec attention dès que la question se pose.

 1° – Au départ, les personnes concernées sont le Maire et le Curé affectataire.

La question doit être abordée entre eux dès lors que la Municipalité est prête à demander des devis de restauration.
Si les travaux envisagés sont importants un architecte doit être consulté.
C’est peut être lui qui a ouvert le dossier.
Si l’église est protégée : Inscrite à l’ Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH) ou classée au titre des Monuments Historiques (MH), les responsabilités incombent à l’Architecte des Bâtiments de France du Département et à la DRAC, Direction Régionale des affaires culturelles.

 2 ° – Quel sera l’avenir de l’église ?

Si elle est protégée par l’État, elle a un intérêt artistique, historique ou touristique qui justifie sa préservation. Elle peut contenir des objets, meubles, autels qui sont eux aussi protégés. Sa conservation est évidente.

 Si pour des raisons de sécurité, de mauvais matériaux employés, d’erreurs de conception architecturale, sa disparition sera une hypothèse de dernier recours.

 Dans ce cas, la création d’une Association peut être opportune.

Chartrené (Maine-et-Loire) église Saint-Maurice

Chartrené (Maine-et-Loire) église Saint-Maurice

En faire partie sera de la liberté de chacun, il faut que les opinions de tous bords y soient représentés, puissent s’exprimer.
Le choix du Bureau sera soigneusement établi.
Lorsque la situation devient conflictuelle cette Association pourra aider le cas échéant, à trouver un consensus.

Les devis concernant soit la restauration soit la démolition et la construction d’un nouvel édifice doivent être rigoureusement étudiés. Il faut éviter les excès dans un sens ou dans l’autre pour faire valoir les arguments de chacune des parties.

 La Municipalité, promoteur et propriétaire du nouvel édifice restauré ou reconstruit consultera la CDAS, Commission Diocésaine d’ Art Sacré, de même que la Commission des églises du Diocèse,

La conception de l’extérieur comme de l’intérieur sont intimement liés et feront l’objet d’une collaboration entre les parties intéressées.
La nouvelle église fera l’objet du même statut d’affectation cultuelle.

Bien que chaque cas soit différent selon les Communes, une solution existe.

Élisabeth d’Orsetti
Correspondante de la Sauvegarde de l’Art Français en Maine-et-Loire
Membre de la Commission Diosaine d’Art Sacré du Diocèse d’Angers
le 4 novembre 2015

Destinataires : Les Associations de Maires des Départements
Les Diocèses : CDAS Commissions des Eglises, Curés de Paroisses
Les Publications Diocésaines
Les Associations Nationales de sauvegarde du Patrimoine religieux et du Patrimoine
Les Architectes des Bâtiments de France
etc.

 

 

 

 

 

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