• Supprimer
  • Supprimer
  • Supprimer

Le village d’Attin est l’un des plus anciens du Montreuillois. Sur la route reliant Paris à l’Angleterre, le bac d’Attin était le seul moyen de traverser la Manche. La première mention qui en est faite est une charte du roi Thierry III abandonnant en 696 à l’abbaye de Saint-Bertin le droit de péage.

L’église Saint-Martin se compose d’un chœur de style flamboyant et d’une nef modeste dont il est séparé par un mur-clocher. La nef à vaisseau unique est couverte d’un berceau lambrissé : c’est la partie la plus ancienne. Les travaux de restauration, en dégageant l’enduit ciment qui couvrait les parements externes et internes, ont mis au jour une baie en plein cintre d’époque romane et une maçonnerie en blocage de silex, probablement plus précoce. Les murs ont été rehaussés en pierre blanche en 1899, en même temps que l’on remaniait les fenêtres. L’arc triomphal, élevé au XVIe s., a été doublé en briques pour porter le clocher-mur.

Le chœur, plus vaste et plus élevé que la nef, comporte une travée droite et un chevet terminé par une abside à trois pans. La travée droite formait la croisée d’un transept, puisque l’on a découvert lors des travaux les traces d’un croisillon sud qui fut détruit lors d’un incendie survenu au XVIe ou au XVIIe s., peut-être en 1674 lorsque Attin fut saccagée par la garnison espagnole de Saint-Omer. Le mur élevé pour fermer ce côté a été percé d’un portail de style classique, à pilastres et fronton, et d’un oculus. Sur la voûte, une inscription indique que le couvrement a été refait en 1694. La voûte du chevet, de style flamboyant, date de la première moitié du XVIe siècle. Les ogives retombent sur des culots figurés représentant des anges tenant des écussons, des personnages grotesques et une très belle évocation du martyre de la sainte boulonnaise Godeleine. La clé de voûte montre le patron de la paroisse partageant son manteau.

Pour aider à la restauration des fenestrages et des contreforts du chœur, et à la consolidation du campenard (clocher) et de l’arc triomphal, la Sauvegarde de l’Art français a accordé une somme de 19 000 €, dont 10 000 € émanent du don Duprez-Mulliez fait à la Sauvegarde de l’Art français.

Patrick Wintrebert

 

 

Le projet en images